|
... Là ou depuis Aswan. 1978, à travers ses toiles et dessins, Jean Gaudaire - Thor continue de chercher la cause première, pressentiment d'un mystère dont rien pourtant ne sera donné - rien ou presque. Soudain les images se dérobent mais le travail peut réellement commencer.
Le besoin de peindre est lié à l'approche de ce point où, de la peinture, il ne peut rien être fait, où l'on sait qu'en continuant ainsi on se perd, comme on la perd. On ne commence à peindre qu'en ce point : se dérober à l'intérieur, à la maîtrise, éprouver le mouvement non maîtrisable - que le peintre s'étonne peut-être d'accomplir sans naufrage.
Alors reprendre depuis le départ : Aswan. 1978 ou la matrice première sur laquelle l'huile ose à peine se poser. On distingue les traits, la matière demeure presque imperceptible avant de s'amasser un peu plus tard lorsque l'affirmation semble - mais le semble est important - retrouver force de loi.
II y a des fissures mais il existe déjà cette sorte de premier casque, Dahshour, il y a les casques donc mais il n'y arien dessous, que ce rouge où ils se noient. II y a ces premiers présages qui découvrent mais ne montrent pas.
Ainsi des contours - pas des volumes, cette seule vibration de la trace. C'est pourquoi il faut continuer le voyage ou plutôt la dérive. Remonter les trames des autres cultures en traversant leurs indices en se souvenant de la lumière et de l'ombre où ils naquirent, dériver sur cette déferlante d'huiles sur papier - sans doute une mer d'images dont le peintre ne retiendra que l'écume.
Ce sont alors des formes essentielles sur le vide, le blanc. L'être en devient le sujet écarté, comme biffé parfois, mais omniprésent. Dans le dépouillement la peinture retrouve sa force première, cette naïveté nécessaire à ne jamais confondre avec une peinture naïve ...
Jean - Paul Gavard - Perret
L'image à refaire.
St. Cassin. Octobre 1998
|
|