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DECOLLAGE
Le sens figuré a désigné dans les années 1960 certains pays du Tiers Monde dont on supposait qu'ils se libéreraient bientôt du sous-développement.
Peu avant, on nommait coupure épistémologique le moment où une pensée se libère de circonstances hasardeuses, voire subjectives, pour atteindre à une objectivité scientifique.
J'aimerais appliquer le terme de décollage à l'art abstrait de Jean Gaudaire - Thor "passant" de constructions subjectives jaillies d'une anecdote savante à une subjectivité universelle que je reconnais dans ses productions actuelles.
Le plaisir qu'elles donnent ne saurait se référer à des canons traditionnels (que nous dégagerions des enluminures médiévales ou de la "peinture par touches" des XVlllème et XIXème siècles).
II me semble qu'elles inventent une sensualité dans cette syntaxe sans discours qu'est l'oeuvre plastique.
Qu'il frappe ou effleure, pose ou glisse, l'artiste dit juste, sa voix sonne avec exactitude dans toutes les gammes, mais cette vérité (qu'on opposera au "réalisme") n'a de sens que dans ma subjectivité physique, laquelle atteint intuitivement le fond où l'artiste situe, tout aussi intuitivement, l'origine de son geste, le principe des accords que celui-ci réalise pour avancer.
Hubert Lucot
Novembre 1997
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La trace d'un oubli volontaire.
...C'est curieux, dans le domaine des Beaux Arts l'amitié ne résout pas tous les problèmes, ne répond pas à toutes les questions, tout a sans cesse besoin d'être démonté, remonté dans la peur que notre désir ne soit que le reflet du désir de l'autre, le peintre, ne se débarrasser de nous en passant à autre chose, en changeant de signe et de respiration, c'est une énigme qui sans cesse renaît et qu'il faut bien vite essayer de percer si l'on ne veut pas rester, définitivement, décalé ou bien à la traîne.
Calmons nous, si j'écris aujourd'hui sur les toiles, sur les dernières toiles de Jean Gaudaire - Thor, c'est que l'amitié ( et l'amitié de groupe ) m'a fait accomplir quelques progrès dans ce qui fut autrefois une approche trop lente ou trop timide d'une figure de la peinture contemporaine dont le travail rend enfin ma vision du monde évidente.
Dépouillé de mes hésitations et de mes angoisses, je regarde Gaudaire - Thor dérouler devant moi, comme sur une avenue bordée de platanes, le cycle du ludisme infini de ses certitudes picturales, que j'ai fini par partager...
Claude Delmas
Décembre 1997
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